Stage de survie dans le Haut Jura

Pourquoi ce voyage ?

Depuis que j’ai rencontré Sarah, elle me parle du stage de survie qu’elle a reçu en cadeau de la part de son frère. À la base, il s’agissait d’un stage de 3 jours et 2 nuits en Belgique.
À force de discussions, on s’est dit que ça serait chouette de changer le stage avec un autre qui a lieu dans le Haut-Jura pour avoir plus de sensations. Le nouveau stage pour lequel on a opté est le stage « Grand Froid » organisé par Tribaudeau.

Le voyage en bref

  • Destination : Haut-Jura, France
  • Durée : 2 jours (hors déplacement jusque-là)
  • Saison / météo : Hiver, températures entre -10° et 5°
  • Mode de déplacement : À pied et en raquettes
  • Type d’hébergement : Extérieur, soit à la belle étoile avec un tarp, soit dans un igloo (construit pendant le stage)

Préparation & choix du matériel

On part pour 2 jours et on savait qu’on n’aurait pas besoin de tente car le but était de créer son logement en mode survie. On a reçu une liste au préalable qui indiquait tout l’équipement dont il fallait se munir pour vivre au mieux l’expérience. J’ai un peu stressé car ils annoncent un sac de couchage -5° voire -10° (confort), or le mien est un 5° confort. Autant vous dire que je n’étais pas serein. Je me cachais derrière l’espoir que mon sac à viande me fasse gagner 2° et vu que je suis un « warm sleeper », ça devrait passer.

Je me suis acheté pour l’occasion un mid-layer en Alpha Direct de chez Farlight et une veste en doudoune de chez Cumulus que je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’essayer, car le mid-layer et ma veste coupe-vent faisaient largement l’affaire. Donc dans mon sac j’avais :

  • Sac de couchage (confort 5°)
  • Sac à viande
  • Matelas de sol
  • Veste doudoune (couche d’isolation)
  • Pull Alpha Direct (Mid layer)
  • Veste coupe-vent
  • Thermique manches longues
  • Sous-pantalon mérinos
  • Pantalon de randonnée
  • Guêtres
  • Popote
  • Chaussures de randonnée
  • 3 paires de chaussettes
  • 2 caleçons
  • Buff
  • Bonnet
  • Lunettes de soleil
  • Couteau
  • Lampe frontale

J’ai pris tout ce matériel car c’était le strict minimum pour rester au chaud sans pour autant me trimbaler plein de choses sur le dos. Les guêtres étaient recommandées par le stage si on n’a pas de chaussures hautes pour éviter d’avoir de la neige qui rentre dans les chaussures. Pour le reste, c’est du matériel assez classique de bivouac (voir mon équipement ici).

Je suis clairement arrivé sur place avec la certitude que j’allais douiller la nuit à cause du froid et de mon sac de couchage qui n’est pas adapté à ce type de températures.

On ne s’est pas spécialement informés sur le stage avant la veille du départ et donc on pensait de base qu’on dormirait à même la neige en extérieur et que ça serait vraiment la débrouillardise totale. J’avais vu une vidéo : souvent la technique, c’est de creuser un trou pour éviter le vent et pour mieux conserver la chaleur, donc je m’attendais clairement à ça. En lisant un peu mieux la description, j’ai compris qu’on allait très probablement dormir dans un igloo, ce qui est incroyable comme expérience ! (Et personnellement je n’ai jamais fait ça auparavant.)

Très honnêtement, quand j’ai vu la météo du point de rendez-vous la veille, j’ai eu un gros doute sur le fait qu’on ait même un peu de neige. Ce qui est chouette quand tu ne t’informes pas trop avant, c’est que tu découvres tout sur place sans trop savoir à quoi t’attendre.

Le premier jour de l’aventure

Lors de ce stage qui est plutôt court, il y a 2 jours.

Au premier jour, on nous donne rendez-vous à 09h30 pour rencontrer la personne qui va encadrer le stage ainsi que les autres participants (qui sont au maximum de 12). L’ambiance est directement hyper chill et relax. Xavier, qui est l’encadrant de notre stage, nous met directement à l’aise et nous explique un peu les différentes étapes de cette aventure. Ce qui est chouette, c’est qu’il est formé pour faire des sorties en raquettes, donc il nous en a fourni, histoire de ne pas se retrouver à marcher dans de la poudreuse avec de la neige jusqu’à l’entre-jambes.

Il était conseillé de venir avec une pelle à neige mais il en avait prévu 6-7 en rab au cas où.

Vers 10h30, après toutes les explications et préparatifs, nous voilà partis pour l’aventure. On reçoit une carte topographique et on nous demande de nous retrouver dessus pour pouvoir ensuite se diriger vers un point désigné par Xavier. Chacun à notre tour, les binômes sont nommés à la carte pour le prochain objectif jusqu’au lieu de bivouac.

Sur le trajet, on reçoit plein d’explications sur ce qu’on peut manger sur les arbres, ce qu’il faut ramasser pour pouvoir allumer un feu à la pierre à feu, et plein de conseils sur comment s’orienter et prendre de bonnes décisions de survie.

Je pense qu’on est arrivé sur le lieu de bivouac vers 12h30. On s’est tous mis à la tâche pour trouver du bois (petit, moyen et gros) pour pouvoir faire tenir le feu jusqu’au petit matin, mais aussi pour créer des bancs à mettre autour du feu. Une fois qu’on avait tout, Xavier nous a montré plusieurs techniques pour faire un feu :

  • Avec une pile/batterie en faisant un court-circuit
  • Avec un archet (la version Koh-Lanta)
  • Avec une pierre à feu

C’est très intéressant de comprendre ce qui peut faciliter à faire un feu, même si ça ne risque pas souvent d’être utile dans la vie de tous les jours.

Stage de survie - fabrication du feu

Une fois qu’on avait notre source de chaleur, c’est parti pour les 2 igloos. En gros, il y a plusieurs façons de faire un igloo et ici on s’est attardé sur celui en brique et le terrier.

Le terrier, c’est assez simple : soit tu as un énorme tas de neige que tu tasses et ensuite tu creuses dedans pour faire une cavité dans laquelle tu dors, soit tu crées toi-même un énorme tas que tu viens tasser et ensuite tu fais la même chose.

Pour l’igloo de briques, il faut tasser de la neige, bien découper de grosses briques et ensuite venir les coller les unes aux autres. Il faut très vite commencer à les pencher vers l’intérieur. C’est hyper impressionnant de voir que parfois ça tient à pas grand-chose et que quasi toute la brique est dans le vide.

On a quand même passé 3 bonnes heures pour faire les 2 igloos, sachant qu’on était 13 à bosser dessus. Celui en brique pouvait accueillir 6 couchages et l’autre 5 (2 autres personnes voulaient dormir sous les sapins).

Avec tout ce boulot accompli, il était vite 19h00 (avec la tombée de la nuit qui arrive super vite en hiver). On a discuté 2-3 heures autour du feu en se faisant des infusions à l’épicéa jusqu’à ce que la fatigue nous tombe dessus et qu’on aille tous dormir.

En rentrant dans l’igloo (celui fait en brique) pour mettre notre matelas, j’ai pris un coup de stress en me disant que ça allait nous goutter dessus et que j’allais prendre de l’humidité car je dormais à côté de la paroi. Pour ajouter à ça, j’étais le seul à avoir un sac de couchage qui n’était pas adapté, car j’avais un confort 5° au lieu du -5° ou -10° recommandé. Quand je me suis mis dans mon sac de couchage, j’étais prêt mentalement à me faire une très mauvaise nuit. Et pourtant… pas tant que ça ! Je pense que j’ai eu aussi froid que ceux qui avaient un très bon sac de couchage. Je pense que c’était beaucoup dû au matelas gonflant qui est super bon pour isoler de la température du sol vu qu’on dormait à même la neige tassée.

Vu que j’étais sur le côté de l’igloo, je sentais quand même pas mal le froid de la paroi, donc si vous dormez dans un igloo, essayez de prendre une place entre 2 personnes ou au milieu, c’est plus smart. Il faut aussi savoir que la température dans un igloo sera toujours entre 0 et 2°. Donc par temps avec -15° en extérieur, ça peut bien sauver la mise d’en construire un.

Deuxième et dernier jour

Au matin du 2ᵉ jour, on a tous débriefé notre nuit pour voir qui avait bien dormi ou non. La personne qui a passé la pire nuit n’avait pas de matelas gonflable mais seulement un tapis de sol. D’après Xavier, c’est le pire choix en terme de matelas quand on dort à même la neige.

On a essayé de déterminer ce qui était le plus optimisé : dormir avec ou sans chaussettes ? On a eu des retours différents de tout le monde, donc la question reste en suspens.

Ensuite, on a fait une photo du groupe sur les igloos. C’est assez fou de se dire qu’une fois que ça a gelé ensemble, ça fait un énorme monolithe qui a une résistance énorme.

Après avoir nettoyé et rangé nos sacs, on est partis en direction du refuge de la Joratte. C’est un petit refuge pas loin qui allait nous permettre d’enfin manger notre récompense… une fondue au fromage !

Avant cela, il faudra la mériter. Xavier a prévu un atelier « allumage de feu » dans lequel chaque duo doit essayer d’allumer un feu en premier. Toutes les techniques sont autorisées : la loupe, le court-circuit, l’archet, la pierre à feu, etc.

Pour notre part, on a vite été chercher de quoi faire notre feu :

  • Du petit bois sec
  • De la paille fournie par Xavier
  • Une pierre à feu fournie par Xavier
  • Une branche sèche à « rapper » pour faire des copeaux
  • Une écorce pour faire un espace de travail sec
  • De la résine pour faire allume-feu une fois la première flamme apparue

Après avoir pas mal bataillé avec la pierre à feu et le couteau pour faire des étincelles en continu, on a réussi à avoir une paille bien sèche et prête à s’enflammer. On n’était pas peu fiers d’être les premiers à allumer (et surtout à garder en vie) notre feu. Parce que oui, il ne faut pas croire qu’une fois qu’on a une flamme, tout s’embrase. On a dû encore s’acharner 20 minutes pour avoir quelque chose de stable avec des braises qui tiennent.

Une fois fini, c’était la récompense du stage : une raclette au fromage avec un petit verre de blanc. C’était d’autant plus satisfaisant qu’on portait les meules, les bouteilles et les caquelons depuis le début du stage sans pouvoir grignoter.

Pour terminer, retour vers le lieu où l’on a garé les voitures. C’était une marche assez chill d’une heure en raquette. On est d’abord passé par une grosse forêt avant d’arriver dans une magnifique clairière enneigée.

Conclusion de ce stage

C’était une superbe expérience durant laquelle on a appris pleins de choses et on a eu l’occasion d’essayer un igloo pour la première fois. Toutes les personnes qui étaient sur place était dans le même mindset donc c’était chouette de partager des histoires de voyages et/ou survie.

Si c’était à refaire, je pense que je préfèrerais un stage de survie en été pour pouvoir vraiment apprendre à me nourrir avec les baies/nature et éventuellement chasser un petit animal ou l’autre pour vraiment apprendre à trouver de quoi manger en cas extrême. Dans ce cas ci, la neige ne le permettait pas vraiment.

Pour ceux que ça intéresse, voici le lien pour ce stage : https://www.stage-survie-tribaudeau.com/stage-survie-grand-froid

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